La forêt comestible

Quelques plantes sauvages comestibles

20/03/2021

Avec le printemps, les premières fleurs de l’année colorent les paysages. Depuis que je m’intéresse un peu plus à la botanique, j’essaie d’identifier les plantes et les fleurs que je rencontre quand je me promène. Et je suis très souvent surpris d’apprendre que telle plante peut servir d’aromatique ou que telle fleur peut parfumer un dessert.

Je vais vous présenter dans cet article un certain nombre de ces plantes sauvages que l’on peut mettre dans son assiette.

Attention : certaines d’entre elles peuvent être confondues avec d’autres plantes dont certaines sont toxiques : assurez-vous de bien identifier une plante avant de la consommer, avec l’aide d’un professionnel si vous avez un doute. Par ailleurs, certaines espèces sont protégées et ne doivent donc pas être cueillies dans la nature.

La violette

Le fait que la violette est comestible m’était déjà connu : je me souviens des bonbons vosgiens à la violette de mon enfance et je connais également depuis un moment le sirop de violette qui peut entrer dans la composition de certains cocktails.

Je n’avais par contre jusqu’à récemment jamais fait le rapprochement avec cette jolie fleur qu’on peut trouver ici ou là en se baladant. J’en ai même à quelques mètres seulement de ma maison ! Violette

L’achillée millefeuille

Alimentaire et médicinale, cette plante est très commune. On en utilise les fleurs en infusion ou pour parfumer des desserts et les feuilles comme herbe aromatique. Achillée millefeuille

Le lamier pourpre

De la même famille que l’ortie, elle aussi comestible, le lamier pourpre fait partie de ces plantes que l’on peut consommer. Ses feuilles sont moins intéressantes que celles de l’ortie mais ses petites fleurs violettes peuvent donner de la couleur à une assiette. Lamier pourpre

La primevère commune

Elle est rare dans certaines régions, notamment en Lorraine où elle est protégée et donc où il n’est pas autorisé d’en cueillir des sauvages. Elle est pourtant intéressante gustativement et il est à noter que l’ensemble de la plante est comestible : feuilles, fleurs et racines ! Primevère commune

Le coucou (ou la primevère officinale)

Du même genre que la précédente, la primevère officinale que l’on appelle aussi le coucou est également comestible (et n’est pas protégée !). Coucou

La grande mauve

Autrefois cultivée à des fins alimentaires, la grande mauve fait également partie des fleurs que l’on peut consommer. Mieux que ça : toute la plante est comestible. Les feuilles, une fois cuites, prennent une consistance visqueuse, ce qui permettrait d’en faire une fondue (sans doute très différente de la fondue savoyarde, mais à tester !). Grande mauve

L’onagre bisannuelle (ou jambon du jardinier)

Et la meilleure pour la fin : l’onagre bisannuelle. Ses feuilles peuvent servir de légume mais le plus étonnant réside dans ses racines qui ont le parfum de jambon, ce qui lui vaut son surnom de "jambon du jardinier".

Pour avoir essayé, l’odeur de jambon est vraiment bluffante ! (Le goût l’était un peu moins, mais peut-être à cause de la très faible quantité et de la cuisson à l’eau que je lui ai fait subir. Cette année, j’en sème au potager pour goûter en plus grande quantité.) Onagre bisannuelle

Et bien d’autres !

Bien d’autres plantes sauvages sont comestibles aussi comme la cardamime des prés, le trèfle violet, le pissenlit, le plantain mais aussi bien sûr les fleurs et les fruits d’arbustes dont j’ai déjà parlé dans ce blog et que l’on peut trouver dans la nature : églantiers, aubépines, etc. Que la nature est généreuse !

Nouvelle version des pots krafts

07/02/2021

J’avais présenté en septembre dernier une méthode pour fabriquer des pots économiques et biodégradables. Il s’avère qu’ils sont un peu trop biodégradables : les champignons et bactéries ont une formidable capacité de décomposition de la matière et ils ont donc déjà digéré une bonne partie des pots utilisés !

Voyez plutôt en image : Pots en grande partie décomposés

Le terreau, compacté par les différents arrosages, tient encore en place mais plus rien ne le maintient.

Cette dégradation trop rapide m’a poussé à re-considérer la fabrication de ces pots pour les rendre plus solides (motivation qui a été amplifiée lorsque notre chat, qui a eu la bonne idée de se coucher dans le carton dans lequel je stockais les pots non utilisés, les a complètement écrasés, les rendant difficilement utilisables…).

Pour le moment, j’ai choisi de ne pas changer radicalement ma méthode, car le papier kraft me semble être une très bonne matière et que je l’ai justement choisi pour sa bio-dégradabilité, qui est certes un peu trop rapide ici mais qui est voulue ! J’ai donc légèrement adapté la fabrication des nouveaux pots en mettant double épaisseur de papier. Et le résultat est vraiment chouette.

D’un point de vue mécanique, les pots sont vraiment beaucoup plus résistants. J’ai testé de poser une pierre de 650g sur chacun d’eux et voici le résultat en image :

Pierre posée sur un nouveau pot et un ancien pot totalement écrasé par la même pierre

Incomparable !

Quant à leur résistance face aux champignons et bactéries, seul l’avenir nous le dira ! Je ne pense pas que leur durée de vie doublera car le développement des bactéries et des champignons est plutôt exponentiel, mais ça devrait tout de même allonger leur longévité.

Mettre une double épaisseur me permet également de gagner du temps à la fabrication : déjà parce que plutôt que de découper les feuilles, il suffit maintenant de les plier mais aussi parce que du fait de leur plus grosse épaisseur, il n’y a plus besoin d’être aussi minitieux. J’ai également remplacé le rouleau de papier toilette par une chute de tuyau d’évacuation en pvc, ce qui me permet de tasser le fond des pots avec le tuyau lui-même et plus avec un marqueur comme je le faisais au départ. Ces différents éléments me permettent de gagner du temps et de fabrique des pots plus solides : tout bénéf’ !

Tutoriel en image :

  1. Plier le papier kraft Pliage du papier kraft
  2. Bien marquer le pliage Marquage du pliage
  3. Poser le tube sur le papier en laissant dépasser le côté non plié Papier partiellement enroulé
  4. Enrouler le papier autour du tube pvc, toujours en laissant le côté non plié dépasser Papier kraft presque entièrement enroulé
  5. Soulever le papier avec le tube pvc Papier totalement enroulé
  6. Plier le côté qui dépasse du tube pvc pour refermer le tube Papier kraft replié sur le pvc
  7. Redresser le tube debout, le côté plein en bas Tube redressé debout
  8. Appuyer sur le tube pour écraser le côté plein Main appuyant sur le tube
  9. Tourner en continuant d’appuyer Pliage du papier kraft

Et le résultat final : Pot kraft, 2ème version

Chênes pédonculés

17/01/2021

Parmi les 3000 arbres et arbustes que je me suis lancé le défi de planter cette année, il y a 50 chênes pédonculés. Je vais présenter dans cet article l’évolution de mes chênes et une mésaventure les concernant puis je détaillerai les raisons qui m’ont poussées à intégrer des chênes pédonculés dans notre forêt comestible.

L’évolution de nos chênes

En automne dernier, j’avais récolté un certain nombre de glands, certains encore verts, d’autres bruns. Je les avais mis en stratification à l’extérieur, dans des boîtes hermétiques contenant de la sphaigne humidifiée. Deux semaines plus tard seulement, quelques-uns avaient germés et je pouvais donc les replanter dans des petits pots en papier kraft (une version un peu plus grande quand même que celle présentée dans l’article dédié, pots sur lesquels je vais revenir dans un prochain article puisque j’ai légèrement changé la méthode de fabrication !).

Parce que la météo extérieure n’était pas très favorable pour sortir régulièrement les observer, j’ai pris la décision de migrer la boîte dans mon réfrigérateur en pensant que je pourrais mieux détecter les premiers signes de germination pour les glands suivants. C’était une erreur. Je ne l’explique pas vraiment, mais en quelques jours, plusieurs glands ont moisi. Je les ai donc ressortis dehors mais je pense qu’il était trop tard, le mal était fait : aucun n’a germé par la suite…

Heureusement, au hasard d’une promenade hivernale, nous avons repérés quelques glands qui commençaient à germer sur un chemin. J’en ai donc récupéré une cinquantaine que j’ai immédiatement replantée. Aujourd’hui, ce sont au total près de 45 chênes qui sont déjà sortis de terre ! D’autres pourraient encore pousser dans les jours qui viennent et il est donc probable que j’obtienne bien 50 chênes pédonculés.

Quelques-uns de mes chênes pédonculés

Mais pourquoi des chênes pédonculés dans une forêt comestible ?

Au départ, trois raisons m’ont poussé à intégrer des chênes pédonculés dans la forêt :

Je dois dire que le dernier argument est pour moi le plus important : j’adore les champignons et ça m’intéresse depuis longtemps d’expérimenter leur culture.

Concernant les truffes, je n’aime pas particulièrement leur goût et elles sont compliquées à récolter (il faut les récolter au bon moment et seul un cochon ou un chien dressé pour cela peut les repérer !). C’est donc plutôt des girolles que je vais essayer de faire pousser aux pieds de mes chênes. Ce sera sans doute l’objet d’un prochain article.

Enfin, pour revenir aux chênes, j’ai découvert récemment qu’il est possible de rendre les glands comestibles. Je ne le savais pas lorsque j’ai réalisé ma liste d’espèces à intégrer dans la forêt mais je dois dire que depuis que j’ai découvert cela, j’ai bien envie d’essayer pour goûter. Ce qui les rend astringent et non comestible, c’est surtout les tanins qu’ils contiennent.

Glands

Pour les rendre comestibles, il existe deux méthodes :

C’est la lacto-fermentation que j’ai le plus envie d’essayer. Ça fait quelques années que je pratique la lacto-fermentation en faisant moi-même ma choucroute et ce n’est que l’année passée que j’ai vraiment découvert tous les atouts de cette méthode de conservation qui ne demande aucun apport d’énergie et qui peut sublimer certains aliments tant du point de vue du goût que du point de vue nutritionnel.

Petite parenthèse : il existe aussi une espèce de chêne dont les glands sont comestibles après un simple trempage dans l’eau froide. Il s’agit du chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa).