La forêt comestible

Premières plantations

15/12/2019

Le moment est enfin arrivé : fin novembre et début décembre, on a reçu (de façon échelonnée) les différents arbres et arbustes commandés.

Sans grande surprise, les arbres achetés en pépinière sont beaucoup plus grands et plus beaux que ceux achetés sur internet, ce qui justifie bien le prix plus élevé.

Sur conseil du pépiniériste, nous avons achetés également du fumier et de l’engrais (naturel bien sûr). Pour chaque plant, on a donc placé dans le trou un mélange de terreau et de fumier, le plant lui-même évidemment puis complété avec de la terre de jardin mélangée avec terreau et fumier.

Résultat pour la haie (il faut encore que ça pousse !) : Haie fraîchement plantée

Et pour les petits fruitiers : Petits fruitiers fraîchement plantés

Concernant les arbres les plus grands, les trous préalablement creusés étaient loin d’être assez grands. Reçus à racine nues avec une envergure de 60 à 70cm, il a donc fallu pour ceux-ci creuser un peu plus large à la bêche. Et afin qu’ils tiennent bien en place et ne finissent pas par pencher à cause du vent, nous les avons tuteurés.

Voici le résultat pour par exemple le quetschier (en premier plan) :

Quetschier fraîchement planté

Enfin, dernière étape : déposer de l’engrais en surface pour qu’il alimente le sol progressivement au fur et à mesure du temps et des pluies qui l’intègrent dans le sol.

Nouveau plan !

30/11/2019

Comme présenté dans le précédent article, je me suis rendu compte qu’il y avait trop d’arbres fruitiers par rapport aux espèces fixatrices d’azote.

La place disponible étant très faible pour simplement ajouter des fixateurs d’azote, d’autres changements ont dû être faits. Les arbres fruitiers ont déjà été commandés donc inutile de préciser que nous n’avons pas non plus décidé d’en supprimé. La solution que nous avons trouvé est donc la suivante :

Pour que tout cela soit possible, j’ai dû faire le choix de supprimer la zone sauvage que je voulais placer dans le coin Nord-Ouest. En la supprimant, une petite marge en terme de nutriments m’a permis d’ajouter 2 châtaigniers des Allegheny (deux car il en faut deux pour qu’ils fructifient !). C’est un châtaignier qui est plus petit que le châtaignier commun (raison pour laquelle j’ai choisi cette espèce) et qui produit des fruits parait-il un peu plus sucrés.

Pour ces châtaigniers, pour ne pas trop augmenter la taille de la forêt, je n’ai pas tout à fait respecter les distances préconisées par Martin Crawford. Je reviendrai dans un prochain article sur les règles à respecter (idéalement) pour définir la distance entre les plants.

Nous n’avons pas encore tout à fait comblé la haie ouest (qui a donc été prolongée), mais le plan ressemble pour le moment à cela : Plan de la forêt suite à revue de novembre

On peut y voir également, par rapport à la dernière fois, l’emplacement des petits fruitiers commandés cette année ainsi que les sentiers en pointillés (car à terme, tout sera couvert de couvre-sols, sauf justement ces sentiers sur lesquels nous passerons régulièrement et donc sur lesquels les seules éventuelles espèces que nous y planterons devront résister au piétinement).

Dans le prochain article, je parlerai de la plantation des différentes espèces reçues cette année !

Bilan de nutriments

25/11/2019

Les plants sont commandés, et en attendant de les recevoir, je relis certains passages du livre sur lequel je base ma réflexion. Je relis notamment la partie sur les nutriments.

Il y est expliqué que les 2 principaux nutriments dont il faut se soucier sont l’azote (N) et le potassium (K). Le phosphore, très important, reste en général stable dans le sol et ne nécessite donc pas d’apports particuliers.

Azote

Concernant l’azote, il est rendu disponible aux plantes qui en ont besoin grâce aux fixateurs d’azote : des espèces végétales qui ont la particularité de pouvoir, comme leur nom l’indique, fixer l’azote dans le sol. Plus précisément, ce ne sont pas les plantes elles-mêmes qui sont capables de fixer l’azote mais des bactéries qui s’installent dans leurs racines. L’association de ces bactéries (de la famille des Rhizobiacées) et de ces plantes (essentiellement des Fabacées) est bénéfique pour les deux : les plantes fournissent des sucres et de l’énergie aux bactéries, qui leur fournissent des acides aminés en retour. C’est ce qu’on appelle une symbiose.

Cette relation symbiotique se traduit en nodosités, des petites "boules" qui se forment dans les racines. Exemple sur des racines de soja (image tirée de Wikimedia Commons) : Nodosités dans des racines de soja

Potassium

Concernant le potassium maintenant, il est important pour la robustesse des cellules végétales et pour la formation des fleurs et des fruits. Il est très présent dans le sol, mais sous une forme peu assimilable par la majorité des plantes. Il peut être apporté par du fumier, du compost, de la farine d’algues ou de la cendre de bois mais l’idée étant de créer un écosystème qui n’a pas besoin d’apports extérieurs, ces différentes sources ne permettent pas d’en apporter suffisamment si elles sont produites au sein même de la forêt. L’option à privilégier est donc une autre : le mulch de consoude.

La consoude est une plante qui est capable d’extraire le potassium du sol. Il suffit donc d’avoir au sein de la forêt une relativement grande surface couverte de consoude et de les couper 1 ou 2 fois par an (pour que les feuilles se décomposent sur le sol et offrent le potassium qu’elles contiennent aux autres plantes alentour). La consoude est également une source d’azote.

Bilan

Le livre donne dans cette partie sur la fertilité des forêts un ensemble de chiffres pour estimer les besoins en azote et en potassium de la forêt (selon sa famille de végétal et sa taille, la quantité d’azote et de potassium dont une plante a besoin diffère) et ensuite d’en déduire combien il faut d’azote et de potassium.

J’ai ainsi pu calculer que j’ai besoin pour les espèces que j’ai déjà prévue de 550g d’azote (dont 500g serait déjà apporté par les fixateurs d’azote déjà prévus) et de 1300g de potassium. Cela correspond à environ 120m² de surface supplémentaire à occuper par des fixateurs d’azote (soit environ 2 arbres de 9m² de diamètre…) et de 100m² de consoude à planter. Concernant l’azote, il n’y a pas la place pour ajouter 2 arbres si grands dans le périmètre initialement alloué à ma forêt : des modifications vont être nécessaires.

Je présenterai dans le prochain article les différents changements apportés au plan de ma future forêt-jardin.