La forêt comestible

Bilan de nutriments

25/11/2019

Les plants sont commandés, et en attendant de les recevoir, je relis certains passages du livre sur lequel je base ma réflexion. Je relis notamment la partie sur les nutriments.

Il y est expliqué que les 2 principaux nutriments dont il faut se soucier sont l’azote (N) et le potassium (K). Le phosphore, très important, reste en général stable dans le sol et ne nécessite donc pas d’apports particuliers.

Azote

Concernant l’azote, il est rendu disponible aux plantes qui en ont besoin grâce aux fixateurs d’azote : des espèces végétales qui ont la particularité de pouvoir, comme leur nom l’indique, fixer l’azote dans le sol. Plus précisément, ce ne sont pas les plantes elles-mêmes qui sont capables de fixer l’azote mais des bactéries qui s’installent dans leurs racines. L’association de ces bactéries (de la famille des Rhizobiacées) et de ces plantes (essentiellement des Fabacées) est bénéfique pour les deux : les plantes fournissent des sucres et de l’énergie aux bactéries, qui leur fournissent des acides aminés en retour. C’est ce qu’on appelle une symbiose.

Cette relation symbiotique se traduit en nodosités, des petites "boules" qui se forment dans les racines. Exemple sur des racines de soja (image tirée de Wikimedia Commons) : Nodosités dans des racines de soja

Potassium

Concernant le potassium maintenant, il est important pour la robustesse des cellules végétales et pour la formation des fleurs et des fruits. Il est très présent dans le sol, mais sous une forme peu assimilable par la majorité des plantes. Il peut être apporté par du fumier, du compost, de la farine d’algues ou de la cendre de bois mais l’idée étant de créer un écosystème qui n’a pas besoin d’apports extérieurs, ces différentes sources ne permettent pas d’en apporter suffisamment si elles sont produites au sein même de la forêt. L’option à privilégier est donc une autre : le mulch de consoude.

La consoude est une plante qui est capable d’extraire le potassium du sol. Il suffit donc d’avoir au sein de la forêt une relativement grande surface couverte de consoude et de les couper 1 ou 2 fois par an (pour que les feuilles se décomposent sur le sol et offrent le potassium qu’elles contiennent aux autres plantes alentour). La consoude est également une source d’azote.

Bilan

Le livre donne dans cette partie sur la fertilité des forêts un ensemble de chiffres pour estimer les besoins en azote et en potassium de la forêt (selon sa famille de végétal et sa taille, la quantité d’azote et de potassium dont une plante a besoin diffère) et ensuite d’en déduire combien il faut d’azote et de potassium.

J’ai ainsi pu calculer que j’ai besoin pour les espèces que j’ai déjà prévue de 550g d’azote (dont 500g serait déjà apporté par les fixateurs d’azote déjà prévus) et de 1300g de potassium. Cela correspond à environ 120m² de surface supplémentaire à occuper par des fixateurs d’azote (soit environ 2 arbres de 9m² de diamètre…) et de 100m² de consoude à planter. Concernant l’azote, il n’y a pas la place pour ajouter 2 arbres si grands dans le périmètre initialement alloué à ma forêt : des modifications vont être nécessaires.

Je présenterai dans le prochain article les différents changements apportés au plan de ma future forêt-jardin.

Commande des plants

11/11/2019

Parallèlement au creusage des premiers trous, nous avons cherché où acheter les différentes plantes que nous avons défini sur le plan.

En priorité, on a regardé ce qui était proposé par la pépinière Defontaine proche de chez nous. En effet, nous avons choisi d’acheter au maximum nos plants chez eux d’une part par volonté de soutenir l’économie locale mais aussi parce que des plants ayant grandi dans un sol et avec un climat proche de chez nous ont plus de chance de se sentir bien chez nous.

Ce projet est né au départ de notre volonté d’avoir des fruits et cela le plus tôt possible. Nous avons donc ajouté aux espèces décidées auparavant un certain nombre de fruitiers que nous souhaitions avoir dès cette année : framboises, groseilles, mûres (de ronce) et myrtilles notamment.

Pour chaque espèce, il fallait décider de la variété : pas une mince affaire tant le choix est vaste ! Quelques variétés de poires et de pommes (d’autres variétés sont listées sur des pages entières plus loin dans le catalogue !) : Une petite sélection de poiriers et pommiers

Après plusieurs heures à feuilleter le catalogue de la pépinière, nous nous sommes décidés et nous avons passé commande.

Évidemment, toutes les pépinières n’ont pas toutes les espèces possibles et nous avons dû compléter avec plusieurs commandes sur internet. J’ai eu la mauvaise surprise de constater que certains arbres sont introuvables, que ce soit dans cette pépinière ou sur internet. C’est le cas des aulnes verts mais également du quetschier sur porte-greffe pixy qu’on avait prévu de placer dans la haie ouest.

Pour avoir un maximum des plantes prévues, nous avons complété notre commande à la pépinière par quatre commandes sur différents sites internet :

Le prix total de ces commandes et le travail que représente le creusage de tous les trous nous ont conduit à décider de réduire notre ambition pour cette année et de se contenter pour 2019 de planter les haies Est et Ouest, les arbres fruitiers et les petits fruitiers cités juste avant.

Creusage des premiers trous

03/11/2019

Une fois le plan prêt, l’objectif était de le reproduire en vrai dans le terrain. Pour cela, on a mesuré les différentes positions des plants.

Pour éviter que les erreurs de mesure ne se cumulent, nous n’avons pas mesuré la position des trous les uns par rapport aux autres mais plutôt à partir d’un nombre restreint de positions (les angles du terrain, les arbres déjà en place notamment). Chaque futur trou a été marqué d’une croix réalisée à la bombe de peinture blanche pour extérieur. (L’idée d’utiliser de la peinture ne me plaisait pas trop, mais nous n’avons pas trouvé de solution naturelle aussi visible et efficace.)

Un problème s’est vite soulevé : le terrain étant légèrement en pente, les mesures ne correspondaient pas entre le plan et la réalité. Pour corriger ces erreurs, 2 choix étaient possibles :

Nous avons choisi d’aller au plus simple : ajouter des plants ; et pour se simplifier la vie, pas n’importe lesquels : nous avons simplement augmenté la taille des bandes d’arroches.

Une fois les futurs trous positionnés, il fallait faire les trous. Ayant une terre assez dure, nous avions prévu le coup et investi dans une tarière thermique :

La tarière thermique utilisée pour creuser les trous

J’ai commencé seul mais il s’est vite avéré que l’utilisation d’un tel outil seul est légèrement dangereux : lorsque l’appareil cogne dans une pierre, la lame s’arrête net et c’est la partie haute qui se met subitement à tourner. De quoi se casser les bras. Après quelques petites frayeurs, j’ai réussi à creuser quelques trous mais je me suis résigné à reprendre plus tard à deux !

Premier trou