La forêt comestible

Avant la conception…

11/10/2019

J’ai appris à travers le livre de Martin Crawford comment se construit une forêt. C’est donc parti pour concevoir la mienne.

Dans la mesure où mon terrain est dégagé (il n’est pas en friche), je peux démarrer dès cette année les plantations. Une préparation du sol via des engrais verts pourrait être bénéfique (un prochain article traitera de ce sujet) mais souhaitant avoir des fruits dès l’année prochaine, je ne vais pas en semer cette année.

Une forêt comestible peut, selon sa taille et le budget qu’on souhaite lui allouer, se construire en 1 an comme en 10 ans. Pas de pression pour moi : je suis impatient que ça prenne forme mais ça prendra le temps que ça prendra ! Dans tous les cas, au mieux, en partant d’un terrain vide, il faut d’après Martin Crawford environ 7 ans pour avoir un début d’éco-système stable.

Pour commencer, la première étape de conception consiste à délimiter les contours de la forêt par un brise-vent. C’est très important pour que le vent ne rentre pas trop dans la forêt. Par chez moi, étant en hauteur dans mon village, les rafales peuvent parfois être très violentes et les brise-vents sont donc d’autant plus importants.

Les vents d’ouest, en automne notamment, réduisent la durée de la saison et peuvent mettre fin aux récoltes tardives. Les vents d’est, au printemps notamment, peuvent amener le froid voire la gelée sur les fleurs des arbres fruitiers les plus précoces et réduire à néant les chances que ces fleurs se transforment un jour en fruits.

Si je mets ces nouvelles connaissances en parallèle avec l’existant dans mon terrain : j’ai un vieux pêcher à l’est de mon terrain, qui fleurit assez tôt dans l’année. Cette année, n’étant pas protégé, les fleurs ont effectivement gelées et je n’ai eu aucun fruit. C’est typiquement à l’est de ce pêcher qu’il va falloir planter une haie pour empêcher le vent de printemps de tuer ses fleurs.

On décide d’allouer environ 800m² de notre terrain à cette forêt. On garde au fond un petit espace sauvage. J’ai envie que le fond du terrain corresponde à ce qu’on appelle parfois la zone 5 en permaculture : une zone dans laquelle on ne va quasiment jamais et dans laquelle on n’intervient jamais. L’idée ici est de laisser y pousser ce qui y pousserait naturellement.

Plan de mon terrain

Première étape conseillée : faire un plan à l’échelle de son terrain. J’ai donc pris une vue satellite de mon terrain sur geoportail, je l’ai mis à l’échelle 1:100 (1cm correspond à 1m) et je l’ai imprimé. On y voit les arbres pré-existants, ce qui va aider à imaginer la place des nouvelles plantations. Cette année, l’objectif est de planter les haies sur tout le pourtour de ce qui va devenir notre forêt. Y a plus qu’à !

Documentation

05/10/2019

J’ai découvert le concept, mais comment mettre ce principe en place ?

Pour être sûr de partir sur de bonnes bases, j’ai fait quelques recherches et je suis tombé sur cette référence : La Forêt-Jardin de Martin Crawford. Livre La Forêt-Jardin de Martin Crawford

Un condensé d’informations, d’astuces et de conseils.

Ce livre se compose de trois parties :

S’en suivent 4 annexes très utiles pour la conception :

Après avoir dévoré le livre en 1 semaine, j’ai une idée un peu plus précise de la façon dont je vais mettre en place ma forêt comestible. Je comprends aussi que pour créer un écosystème résilient, il est nécessaire d’y incorporer nombre d’espèces fruitières (et non fruitières) peu connues : Arbousier, Argousier, Cornouiller, Chalef, Goumi du Japon, etc : de quoi découvrir des fruits peu habituels !

On est déjà le 5 octobre, l’auteur estime qu’il faut 2 mois pour concevoir un plan de sa forêt et la période idéale pour planter des arbres et arbustes est l’automne : plus de temps à perdre. Je me lance dans la conception. Ce sera l’objet du prochain article.

L’idée germe

20/09/2019

Ayant depuis longtemps envie d’aménager notre jardin pour qu’il soit plus planté, avec des chemins qui le parcourent et le rendent plus agréable à regarder mais aussi pour qu’il soit plus agréable de s’y reposer, on n’avait jusqu’à maintenant pas trop d’idée : quoi faire exactement ? Par où commencer ?

À côté de ça, on avait également envie d’avoir plus de fruitiers, surtout que ceux déjà présents n’ayant pas trop été entretenus par les anciens propriétaires, leur productivité a toujours laissé à désirer. Alors pour pouvoir savourer des fraises, des framboises, des myrtilles mais aussi des plus gros fruits directement issus de notre jardin, c’était en projet : on allait en planter cette année. Mais encore une fois : lesquels ? comment les placer ? Autant de questions qui ne nous faisaient pas avancer.

Bref, après avoir quand même planté un cerisier qu’on nous a offert, voici un aperçu du fond du jardin : Un cerisier, un peu seul dans ce terrain d’herbe

Un peu vide n’est-ce pas ?

Et c’est totalement par hasard, en parcourant le web, que j’ai découvert un concept qui m’a tout de suite plu : la forêt comestible.

Le principe est simple à comprendre (mais pas forcément facile à mettre en place !) : recréer un écosystème forestier contenant majoritairement des fruitiers.

L’idée est de reproduire certaines caractéristiques d’une forêt : l’intérieur de la forêt doit être plus frais en été et moins froid en hiver que l’extérieur. Le vent doit y être limité (car brisé par les arbres) et d’une manière générale, les arbres et arbustes doivent y être plantés de façon rapprochée pour que l’atmosphère soit humide (sans pour autant être aussi rapprochés que dans une forêt dense, qui ne laisse pas passer la lumière et dans laquelle les fruitiers seraient beaucoup moins productifs).

À terme, l’objectif est de pouvoir se balader dans la forêt et y cueillir au gré des envies les différents fruits et légumes qui s’y trouvent. Car oui, certains légumes aussi peuvent y pousser !

En théorie, une fois installée, la forêt ne demande pas trop d’entretien et elle est très résiliente (c’est à dire que les maladies sont peu susceptibles de toucher les arbres et aussi que les températures extrêmes ont moins d’impact sur l’ensemble). Et pour atteindre cela, il faut imiter les différentes couches présentes dans une forêt :

Et enfin, pourquoi pas aussi des champignons ! Bien sûr, chacune de ces couches doit idéalement être la plus variée possible pour que le jardin soit au maximum résilient.

Mettre en place un tel jardin-forêt n’est donc pas chose aisée : il y a un certain nombre de règles à respecter pour que ça fonctionne. Et pour les connaître, j’ai commencé par me documenter. Ce sera l’objet du prochain article.