La forêt comestible

Les sentiers

21/06/2020

Dans le dernier article, je racontais comment nous avons semé des engrais verts sur la totalité de la surface de la future forêt.

Bien sûr, pour que ces engrais verts poussent, il va sans dire qu’il ne faut plus tondre le terrain. Mais il faut également éviter de le piétiner, ce qui tasserait le sol et anéantirait l’intérêt de ces engrais verts. Pour autant, il faut bien pouvoir accéder aux différents arbres et arbustes pour s’en occuper et pour récolter.

Nous avons donc dessiné des sentiers et pour cela, rien de plus simple : il suffit de les tondre et de laisser le reste pousser. Ces sentiers permettent de parcourir toute la forêt et sont réalisés de façon à ce que chaque arbre fruitier soit accessible à un ou deux pas maximum.

Ainsi, lorsqu’il est nécessaire d’arroser les arbres, nul besoin de sortir des sentiers, le tuyau projette l’eau assez loin. Pour les arbres les plus éloignés de notre point d’eau, le tuyau n’étant pour le moment pas assez long, il est nécessaire d’utiliser un arrosoir mais pour la majorité des plants il suffit d’un pas pour les atteindre et le sol est donc là aussi peu piétiné.

Voici quelques photos de ces nouveaux sentiers :

Sentier contournant un noyer

Pommier en premier plan avec sentier passant sur le côté

Et l’entrée de la forêt, délimitée par de vieux rondins de bois et le sentier qui passe derrière un érable :

Entrée de la forêt

Pour créer et entretenir ces sentiers, nous avons acheté une tondeuse manuelle d’occasion : sans moteur, elle a l’avantage d’être légère donc maniable, durable et silencieuse. Pour cette première fois, certaines herbes étant un peu hautes, il a fallu donner un petit coup de débroussailleuse pour fignoler. Pour l’entretien courant et régulier, elle fera très bien l’affaire.

Les chemins sont prêts et nous pouvons désormais nous promener dans notre forêt en passant toujours au même endroit, laissant le reste se développer sans aucun piétinement !

Semis des engrais verts

08/05/2020

J’avais commandé en janvier des engrais verts dans le but d’améliorer la fertilité du sol de la forêt. Aujourd’hui, nous les avons (enfin) semées !

Étant donnée la surface à semer, nous avons opté pour le semis à la volée. Le principe est simple, cela consiste simplement à lancer des poignées de graines en l’air pour qu’elles retombent en pluie. Pour être plus régulier, il est conseillé de mélanger ses graines avec du sable en assez grande quantité.

Le geste est quand même assez technique pour avoir un semis très régulier, et il ne faut pas qu’il y ait de vent. Dans notre cas, c’est la première fois que nous le faisons sur une si grande surface : pas sûrs d’être très réguliers mais nous visons plutôt l’utilité que l’esthétisme ici !

N’ayant pas de système d’arrosage permettant facilement d’arroser toute la surface, pour optimiser les chances que ces graines germent nous avons attendu que de la pluie soit annoncée. Et il a fallu attendre longtemps, cette année étant particulièrement sèche ! Surtout que comme évoqué plus haut, pour que le semis soit quand même assez régulier, il ne fallait pas qu’il y ait de vent, ce qui est assez compliqué chez nous. Cela faisait donc plusieurs semaines qu’on attendait ce jour sans vent précédant un jour de pluie, et le voilà enfin !

Normalement, il est conseillé de préparer son sol. Dans notre cas, nous avons simplement passé la tondeuse pour couper l’herbe existante à ras. Ensuite, nous avons rempli une brouette avec du sable et les graines, nous avons bien mélangé, puis nous avons parcouru l’ensemble de la surface de la forêt en faisant des allers-retours en lignes droites et en jetant les graines à la volée.

Brouette avec le sable et les graines

La pluie arrivera demain et devrait permettre de tasser un peu et d’humidifier ces graines pour qu’elles germent !

[9 mai :] Des pies ont l’air de se régaler… J’espère qu’elles ne vont pas manger toutes les graines…

Attaque de pucerons

24/04/2020

Cela devait bien arriver un jour : le 10 avril, j’ai constaté qu’un grand nombre de pucerons avaient envahi le jeune cerisier. Le cerisier devait donner ses premières cerises cette année : elles étaient encore petites et vertes mais bien présentes.

Dans une forêt bien établie, la biodiversité est suffisamment grande pour qu’un prédateur naturel les régule (larve de coccinelle ou de syrphe par exemple, mais il en existe bien d’autres).

Sauf que notre forêt-jardin est encore jeune et même si j’ai pu apercevoir quelques larves de coccinelles sur un pommier un peu plus loin, larves qui semblaient bien faire leur boulot, ça ne semblait pas du tout le cas sur le cerisier où les pucerons étaient bien protégés par des fourmis ! (Les fourmis élèvent les pucerons : elles les protègent des prédateurs en échange de miellat sucré que les pucerons tirent de la plante attaquée.)

J’ai rapidement cherché une solution contre ces pucerons et après quelques recherches, j’ai trouvé une solution 100% naturelle sur internet : le purin d’ortie. J’ai donc récupéré des orties qui poussent pas loin de mon tas de branches (celui dans lequel j’entrepose les branches cassées par le vent et celles issues de la taille des arbres qu’on a effectuée récemment).

Récolte d’ortie

Et j’ai effectué la recette trouvée sur internet :

Ensuite, plus qu’à asperger sur les pucerons, qui avaient eu le temps de se régaler pendant une semaine… (C’est le prix à payer pour avoir un traitement naturel et local !)

Malheureusement, après 2-3 jours de pulvérisation de ce purin d’ortie, je n’ai remarqué aucune évolution : toujours autant de pucerons sur mon cerisier (même constat sur une autre plante ornementale, hors de la forêt, qui était envahie également).

Je n’ai malheureusement pas pensé à prendre des photos, mais quasiment toutes les feuilles du cerisier étaient totalement recroquevillées… J’ai donc repris mes recherches pour trouver une autre solution que j’ai rapidement trouvée : la décoction d’ail, dont voici la recette :

Rebelotte, plus qu’à asperger sur les pucerons. Et cette fois, cela semble avoir marché : dès le lendemain, plus aucun puceron n’était visible sur le cerisier (ni sur la plante ornementale évoquée plus haut).

Difficile de conclure sur ce seul exemple : cela reste à confirmer expérimentalement sur un plus grand nombre de plants et avec des plants témoins (qui ne subiraient aucun traitement), mais j’ai l’impression que la décoction d’ail est plus efficace contre les pucerons que le purin d’ortie.

Malheureusement, les cerises encore vertes sont tombées quelques jours plus tard : à cause des pucerons ou à cause de la décoction d’ail ? Dans tous les cas, nous n’aurons pas de cerise cette année ! Vivement que l’équilibre de la forêt s’établisse !