La forêt comestible

Des pots économiques

13/09/2020

Pour semer 3000 plants, il est nécessaire d’avoir… 3000 pots.

J’ai commencé par regarder les prix des pots biodégradables en fibre, qui se vendent par paquets de 100 et qui me semblaient donc être une bonne solution pour avoir 3000 pots à un prix raisonnable. En constatant les prix, j’ai vite compris qu’il me fallait une autre solution : environ 14€ pour 100 pots, ça peut paraître abordable, mais une fois multiplié par 30 pour obtenir 3000, ce n’est plus si accessible que ça !

J’ai donc cherché une autre solution. Certains évoquent l’utilisation de rouleaux de papier toilette : de la récup’, donc une solution totalement gratuite et biodégradable. Cette fois, ce n’est plus l’argent mais le temps qui pose forcément problème quand on en veut 3000 ! Cela reste toutefois une très bonne alternative pour des semis moins nombreux.

De la même façon, les boîtes à œufs peuvent constituer de bons supports à semis mais nous ne mangerons sans doute pas 3000 œufs d’ici le printemps prochain…

En continuant mes recherches, j’ai trouvé la solution qui me convenait : fabriquer nos pots nous-mêmes en papier kraft.

J’ai donc commandé sur internet du papier kraft biodégradable : pour 50€, j’avais 10kg de feuilles soit environ 3700 feuilles de 25×33cm. Une demi-feuille suffit à construire un pot : ce sont donc 7400 pots potentiels que je pourrais fabriquer avec ce papier. Le prix est cette fois vraiment imbattable : cela revient à 66 centimes les 100 pots ! (Moyennant un peu de travail tout de même !)

Pour les fabriquer, le procédé n’est pas bien compliqué :

  1. on dispose un verre ou un cylindre creux sur le papier kraft (pour ma part, j’ai utilisé un rouleau de papier toilette),
  2. on enroule le papier autour de ce cylindre,
  3. on replie le côté où la feuille se termine dans le cylindre,
  4. on replie l’autre côté de la même façon,
  5. on tasse le fond pour bien l’aplatir,
  6. on ressort le cylindre du nouveau pot en papier.

Étapes de fabrication

La fabrication est assez rapide et en quelques dizaines de minutes, ce sont près de 150 pots qui ont été fabriqués.

150 pots en kraft

Encore un peu de travail et les 3000 pots seront prêts !

Récolte de graines

27/08/2020

Pour pouvoir planter 3000 plants, il va sans dire que nous n’allons pas acheter ces 3000 plants en pépinière mais plutôt les semer nous-même. Et pour les semer, nous avons besoin de graines.

J’ai récolté pour commencer des graines de tilleuls à grandes feuilles qui étaient tombées dans notre jardin depuis les arbres du voisin qui longent la limite de propriété.

Quelques jours plus tard, j’ai récolté quelques gousses de notre arbre de Judée situé devant notre maison. Les ayant récoltées vertes, je n’étais pas sûr qu’elles étaient utilisables. Pour assurer le coup, j’en ai ramassé d’autres, cette fois brunes, quelques semaines plus tard.

Puis c’était au tour des graines d’érable sycomore.

Enfin, comme nous souhaitons entre autres des espèces indigènes, quoi de mieux que d’aller chercher des graines dans la nature ? Nous sommes donc allés nous promener en forêt pour cueillir et ramasser des fruits sauvages divers en vue de les planter :

Récolte de fruits sauvages

À part les glands qui ne sont pas trop comestibles (mise à jour du 17/01/20 : en fait si, cf l’article sur les chênes pédonculés), tout peut se manger ! Et les chênes ont quand même l’intérêt de favoriser la pousse de plusieurs champignons comestibles.

On est encore loin des 40 à 60 espèces souhaitées ! Nous referons donc une ou plusieurs sortie(s) pour récolter des fruits d’arbres et arbustes que nous avons repérés mais qui arriverons à maturité un peu plus tard :

Nous atteindrons alors 10 espèces différentes, que nous compléterons en passant une commande de graines.

Un défi ambitieux : 3000 plants en 1 an

30/07/2020

Notre projet de forêt comestible rebat tous les jours les cartes des connaissances que l’on croit avoir.

De nos jours, nous ne savons plus ce qu’est une forêt : en France, seulement 1% des forêts est en pleine naturalité (c’est à dire ne subit pas d’intervention humaine). Ce que nous croyons être des forêts sont le plus souvent des "cultures" d’arbres, sans grande diversité et donc sans grande résilience. Même gérées de façon durable, les forêts restent "gérées" par l’homme. Elles n’en ont pourtant pas besoin : pire, la gestion de la forêt réduit justement la biodiversité.

La conséquence ? Nous ne connaissons plus la densité naturelle d’une forêt. Nous avons souvent l’impression que chaque plante, chaque arbre, chaque arbuste doit avoir un espace suffisant pour se développer, et qu’il faut donc instaurer une certaine distance pour que les plants se portent bien.

Nous commencions déjà à ne plus être alignés avec cette vision, mais une nouvelle découverte a amplifié cette remise en question : la méthode Miyawaki.

Portrait de Akira Miyawaki

Akira Miyawaki est un botaniste japonais qui a élaboré une méthode de reforestation rapide qui a des résultats impressionnants : une biodiversité accrue, une croissance des jeunes plants d’1 mètre par an (10× plus rapide qu’une plantation classique selon certaines sources !) et une autonomie atteinte en seulement 3 ans !

Sans rentrer dans les détails, la méthode consiste à planter très dense (3 plants par mètre carré) une grande diversité d’espèces indigènes (c’est à dire issues de la région où l’on souhaite implanter la forêt).

Entendons-nous bien : la méthode Miyawaki est une méthode d’ensauvagement et pas de création de forêt comestible. Pour obtenir une production alimentaire importante, je continue à croire qu’il faut respecter certaines distances entre les fruitiers (notamment les arbres, c’est sans doute moins vrai pour les arbustes). Cela dit, cette croyance est-elle vraiment fondée ? Beaucoup de mes certitudes se sont envolées !

Dans tous les cas, j’ai envie de m’inspirer de cette méthode pour que notre forêt comestible se structure rapidement, accueille tout aussi rapidement une grande biodiversité et régénère le sol. « M’inspirer » seulement car la méthode est tout de même un peu plus aboutie, je ne la connais pas totalement, et surtout, encore une fois, l’objectif n’est pas du tout le même.

Mon idée est donc d’appliquer de cette méthode :

Ce qui en diffère clairement :

3000 plants. C’est sans doute ambitieux, mais j’aime les défis !