La forêt comestible

Distanciation

16/12/2019

Je vais revenir dans cet article sur quelques règles à respecter concernant la distance entre les plants dans la strate arbustive et dans la canopée.

Il est important de réfléchir aux distances entre les arbres et arbustes pour plusieurs raisons :

Il est également important de réfléchir à la distance entre deux plants d’une même espèce :

Distance entre 2 plants côte à côte

Martin Crawford conseille d’avoir entre deux arbres de rayons rA et rB une distance comprise entre (rA+rB)/4 et (rA+rB)/2.

Pour donner un exemple, deux arbres de 2m de rayon devraient selon cette règle être espacés d’une distance comprise entre 1m et 2m.

Par ailleurs, il conseille de prendre en compte l’orientation de la lumière pour concevoir le plan. Dans l’ensemble de ma forêt, j’ai choisi de respecter plus ou moins la distance minimale préconisée (rA+rB)/4 dans la direction Est-Ouest et la distance maximale préconisée (rA+rB)/2 dans la direction Nord-Sud. (Le soleil étant côté Sud, l’ombre projetée dans la direction Sud-Nord est plus grande que dans la direction Ouest-Est.)

En schéma, ça donne ceci : Distanciation

Exceptionnellement pour les châtaigniers de ma forêt, je n’ai donc pas respecté cette règle (ils auront plus d’ombre et produiront moins de fruits, mais la châtaigne n’est pas le fruit que nous mangeons le plus !).

Distance entre 2 plants de même espèce

Concernant la distance entre 2 pieds de la même espèce, cela dépend des espèces car la fécondation n’est pas la même selon les deux cas de figures suivants :

Pour autant, même chez les espèces monoïques, toutes ne sont pas autofertiles, c’est à dire que chez certaines espèces, même si un même pied porte des fleurs mâles et femelles, la fécondation ne peut avoir lieu qu’avec un autre pied.

Enfin, il existe plusieurs types de pollinisation, principalement chez nous :

Dans la forêt comestible, on a volontairement limité le vent : les plants des espèces anémogames et non autofertiles devront donc être proches les uns des autres. Les insectes pouvant quant à eux parcourir de longues distances, les plants des espèces entomogames peuvent au contraire être éloignés.

Par ailleurs, pour éviter les maladies, il faut éloigner au maximum les pieds de même espèce (voire de même genre) pour éviter au maximum leur propagation.

Ainsi, les pieds des espèces qui pourront être éloignées devront l’être au maximum, mais celles nécessitant d’être proches pour produire des fruits devront l’être suffisament (notamment les anémogames non autofertiles, c’est à dire celles dont la pollinisation se fait par le vent et qui ne peuvent se polliniser seules).

J’ai d’ailleurs fait une erreur lors de la plantation : en plantant un argousier de façon isolée au Nord-Est de ma forêt, je me suis rendu compte sur l’étiquette qu’il s’agissait d’un pied mâle… et donc que l’argousier est dioïque. Celui-ci n’avait donc là-bas aucune utilité sans pied femelle aux alentours… (j’ai corrigé cette erreur le lendemain en le déplaçant). Pas facile de penser à tout !

Premières plantations

15/12/2019

Le moment est enfin arrivé : fin novembre et début décembre, on a reçu (de façon échelonnée) les différents arbres et arbustes commandés.

Sans grande surprise, les arbres achetés en pépinière sont beaucoup plus grands et plus beaux que ceux achetés sur internet, ce qui justifie bien le prix plus élevé.

Sur conseil du pépiniériste, nous avons achetés également du fumier et de l’engrais (naturel bien sûr). Pour chaque plant, on a donc placé dans le trou un mélange de terreau et de fumier, le plant lui-même évidemment puis complété avec de la terre de jardin mélangée avec terreau et fumier.

Résultat pour la haie (il faut encore que ça pousse !) : Haie fraîchement plantée

Et pour les petits fruitiers : Petits fruitiers fraîchement plantés

Concernant les arbres les plus grands, les trous préalablement creusés étaient loin d’être assez grands. Reçus à racine nues avec une envergure de 60 à 70cm, il a donc fallu pour ceux-ci creuser un peu plus large à la bêche. Et afin qu’ils tiennent bien en place et ne finissent pas par pencher à cause du vent, nous les avons tuteurés.

Voici le résultat pour par exemple le quetschier (en premier plan) :

Quetschier fraîchement planté

Enfin, dernière étape : déposer de l’engrais en surface pour qu’il alimente le sol progressivement au fur et à mesure du temps et des pluies qui l’intègrent dans le sol.

Nouveau plan !

30/11/2019

Comme présenté dans le précédent article, je me suis rendu compte qu’il y avait trop d’arbres fruitiers par rapport aux espèces fixatrices d’azote.

La place disponible étant très faible pour simplement ajouter des fixateurs d’azote, d’autres changements ont dû être faits. Les arbres fruitiers ont déjà été commandés donc inutile de préciser que nous n’avons pas non plus décidé d’en supprimé. La solution que nous avons trouvé est donc la suivante :

Pour que tout cela soit possible, j’ai dû faire le choix de supprimer la zone sauvage que je voulais placer dans le coin Nord-Ouest. En la supprimant, une petite marge en terme de nutriments m’a permis d’ajouter 2 châtaigniers des Allegheny (deux car il en faut deux pour qu’ils fructifient !). C’est un châtaignier qui est plus petit que le châtaignier commun (raison pour laquelle j’ai choisi cette espèce) et qui produit des fruits parait-il un peu plus sucrés.

Pour ces châtaigniers, pour ne pas trop augmenter la taille de la forêt, je n’ai pas tout à fait respecter les distances préconisées par Martin Crawford. Je reviendrai dans un prochain article sur les règles à respecter (idéalement) pour définir la distance entre les plants.

Nous n’avons pas encore tout à fait comblé la haie ouest (qui a donc été prolongée), mais le plan ressemble pour le moment à cela : Plan de la forêt suite à revue de novembre

On peut y voir également, par rapport à la dernière fois, l’emplacement des petits fruitiers commandés cette année ainsi que les sentiers en pointillés (car à terme, tout sera couvert de couvre-sols, sauf justement ces sentiers sur lesquels nous passerons régulièrement et donc sur lesquels les seules éventuelles espèces que nous y planterons devront résister au piétinement).

Dans le prochain article, je parlerai de la plantation des différentes espèces reçues cette année !