La forêt comestible

Les engrais verts

04/01/2020

J’ai évoqué le sujet plusieurs fois sans rentrer dans les détails : que sont les engrais verts ?

Comme leur nom l’indique, les engrais verts sont utilisés comme engrais, c’est à dire qu’ils visent à enrichir le sol. Ils restent cependant 100% naturels : mieux, ce sont simplement des espèces végétales qui enrichissent le sol naturellement par leur simple présence, ou plutôt par leur développement et leur fauchage sur place.

L’idée est simple : on sème des espèces spécifiques qui ont la particularité de fixer l’azote, d’aérer le sol par leurs racines puissantes ou de remonter certains nutriments grâce à leurs racines profondes. Une fois leur biomasse maximale (à la fin de leur développement, souvent quand ils sont en fleurs, leur volume est alors maximal), on les fauche pour les laisser se décomposer sur place.

Avec cette méthode, le sol est aéré par les racines et nourri par la décomposition de leurs feuilles qui ont accumulé des minéraux en profondeur dans le sol, là où d’autres espèces plus intéressantes pour nous n’auraient peut-être pas pu aller chercher.

En permaculture, on utilise très souvent ces engrais verts qui permettent également de ne pas laisser le sol nu. En effet, un sol nu va beaucoup plus facilement se tasser (à cause de la pluie, la neige, la grêle) qu’un sol recouvert de végétaux.

Dans un jardin-forêt, ces engrais verts peuvent donc servir de couvre-sol de transition, en attendant d’y planter les couvre-sols qui nous intéressent davantage.

Plusieurs types d’engrais verts existent : comme expliqué plus haut, certains vont avoir des racines puissantes et profondes, d’autres des racines traçantes qui vont aérer le sol en surface. L’idéal est donc d’utiliser un mélange d’engrais verts. Pour ma part, j’ai commandé un ensemble d’engrais verts sur le site semencesdupuy.com pour composer un mélange constitué de :

Photos de ces espèces dans l’ordre :

Seigle, Sarrasin, Trèfle incarnat, Vesce commune, Moutarde blanche, Lotier corniculé, Lin (composition à partir des photos suivantes : Seigle, Sarrasin, Trèfle incarnat, Vesce commune, Moutarde blanche, Lotier corniculé, Lin)

Pour établir la proportion de chaque espèce, je me suis inspiré de mélanges existants en essayant d’incorporer le plus grand nombre d’espèces tout en minimisant le coût.

Ces engrais verts étant maintenant commandés, je pourrai les planter au printemps ! La suite dans un prochain article !

Aulnes et myriques, de la difficulté à les trouver

21/12/2019

Comme évoqué dans un article précédent, il y a certaines espèces d’arbres que je n’ai trouvées nulle part : ni dans la pépinière proche de chez moi, ni sur internet, même dans certaines pépinières en ligne spécialisées dans les espèces rares.

Parmi ces espèces que je ne trouvais pas, deux arbres fixateurs d’azote que j’aimerais placer pour l’un en haie et pour l’autre au sein de la forêt : l’aulne vert (Alnus viridis) et le myrique (Myrica cerifera).

L’aulne vert, qui peut faire jusqu’à 3m de long comme de large, est un bon fixateur d’azote, comme tout le genre Alnus d’ailleurs. La différence étant sans doute sa taille réduite qui permet d’en placer un grand nombre de spécimens (comparé à un aulne glutineux qui peut monter jusqu’à 25m de haut pour 10m de large !). De pousse rapide, et de port buissonnant, il est très adapté pour être intégré dans une haie et j’en ai donc placé plusieurs sur le plan de ma forêt.

Le myrique, lui aussi un arbre fixateur d’azote, lui aussi un arbre qui pousse très rapidement, est quant à lui plutôt destiné à se situer au sein de la forêt puisqu’il peut monter jusqu’à 9m de haut. Sa largeur limitée, de 3m environ, permet de le placer facilement sans pour autant trop réduire la surface destinée aux fruitiers. Par ailleurs, même si les fruits ne sont d’après mes lectures pas formidables à manger, ils ont deux autres usages plus intéressants :

Schéma représentant les dimensions comparées de l’aulne vert, du myrique et de l’aulne glutineux (à partir d’images entrées dans le domaine public) : Aulne vert, Myrique, Aulne glutineux (L’aulne glutineux, que je pense quand même inclure dans ma forêt, devra être taillé et ne peut donc pas être intégré en grand nombre dans la surface dont je dispose.)

Pour revenir aux deux espèces qui nous intéressent dans cet article, je ne les ai donc trouvées nulle part, jusqu’au jour où je les ai enfin repérées sur internet… en graines ! Même s’ils poussent rapidement, il faudra donc s’armer de patience pour que leur présence marque vraiment les lieux ! (Mais un tel projet de forêt comestible nous force forcément à avoir un autre rapport au temps !)

Bref, c’est en parcourant le web à la recherche de graines d’engrais vert en grande quantité (les engrais verts étant un autre sujet que je traiterai plus tard) que j’ai découvert le site des semences du Puy, une entreprise familiale qui vend bon nombre de graines d’arbres, lianes, engrais verts et fleurs.

Je sais donc enfin comment avoir des aulnes verts et un (ou des) myrique(s) !

Dans le prochain article, je parlerai des engrais verts. Puis je reviendrai dans un prochain article sur ces aulnes verts et ces myriques !

Distanciation

16/12/2019

Je vais revenir dans cet article sur quelques règles à respecter concernant la distance entre les plants dans la strate arbustive et dans la canopée.

Il est important de réfléchir aux distances entre les arbres et arbustes pour plusieurs raisons :

Il est également important de réfléchir à la distance entre deux plants d’une même espèce :

Distance entre 2 plants côte à côte

Martin Crawford conseille d’avoir entre deux arbres de rayons rA et rB une distance comprise entre (rA+rB)/4 et (rA+rB)/2.

Pour donner un exemple, deux arbres de 2m de rayon devraient selon cette règle être espacés d’une distance comprise entre 1m et 2m.

Par ailleurs, il conseille de prendre en compte l’orientation de la lumière pour concevoir le plan. Dans l’ensemble de ma forêt, j’ai choisi de respecter plus ou moins la distance minimale préconisée (rA+rB)/4 dans la direction Est-Ouest et la distance maximale préconisée (rA+rB)/2 dans la direction Nord-Sud. (Le soleil étant côté Sud, l’ombre projetée dans la direction Sud-Nord est plus grande que dans la direction Ouest-Est.)

En schéma, ça donne ceci : Distanciation

Exceptionnellement pour les châtaigniers de ma forêt, je n’ai donc pas respecté cette règle (ils auront plus d’ombre et produiront moins de fruits, mais la châtaigne n’est pas le fruit que nous mangeons le plus !).

Distance entre 2 plants de même espèce

Concernant la distance entre 2 pieds de la même espèce, cela dépend des espèces car la fécondation n’est pas la même selon les deux cas de figures suivants :

Pour autant, même chez les espèces monoïques, toutes ne sont pas autofertiles, c’est à dire que chez certaines espèces, même si un même pied porte des fleurs mâles et femelles, la fécondation ne peut avoir lieu qu’avec un autre pied.

Enfin, il existe plusieurs types de pollinisation, principalement chez nous :

Dans la forêt comestible, on a volontairement limité le vent : les plants des espèces anémogames et non autofertiles devront donc être proches les uns des autres. Les insectes pouvant quant à eux parcourir de longues distances, les plants des espèces entomogames peuvent au contraire être éloignés.

Par ailleurs, pour éviter les maladies, il faut éloigner au maximum les pieds de même espèce (voire de même genre) pour éviter au maximum leur propagation.

Ainsi, les pieds des espèces qui pourront être éloignées devront l’être au maximum, mais celles nécessitant d’être proches pour produire des fruits devront l’être suffisament (notamment les anémogames non autofertiles, c’est à dire celles dont la pollinisation se fait par le vent et qui ne peuvent se polliniser seules).

J’ai d’ailleurs fait une erreur lors de la plantation : en plantant un argousier de façon isolée au Nord-Est de ma forêt, je me suis rendu compte sur l’étiquette qu’il s’agissait d’un pied mâle… et donc que l’argousier est dioïque. Celui-ci n’avait donc là-bas aucune utilité sans pied femelle aux alentours… (j’ai corrigé cette erreur le lendemain en le déplaçant). Pas facile de penser à tout !